EuroSIMA Surf Summit 2025 : Le débrief
EUROSIMA SURF SUMMIT 2025 : KEEP RIDING THE CHANGE
Cette édition 2025 a réuni près de 450 inscrits au Belambra Club Les Estagnots, à Seignosse, pour deux journées denses de conférences, d’ateliers et de rencontres professionnelles. Dans son propos d’ouverture, Jean-Louis Rodrigues a rappelé le contexte qui nous bouscule — ralentissement de la consommation, tensions géopolitiques, attentes sociétales en mutation — et la nécessité d’une agilité réelle pour continuer d’innover sans renier notre ADN. D’où le fil rouge de l’année, Keep Riding the Change : ne pas subir l’instabilité, mais la transformer en énergie constructive et repenser nos modèles en profondeur, des marques au retail, de l’impact environnemental à l’IA, en passant par la culture et l’expérience des communautés.
« L’édition de l’EuroSIMA Surf Summit 2025 a été un énorme succès, de par la qualité des contenus des conférences, du niveau des échanges lors des tables rondes ainsi que de la participation qui a atteint 450 personnes sur les deux jours de cet événement majeur pour notre filière et pour le territoire. L’articulation de notre séminaire 2025 s’est effectuée sur les 4 axes suivants : modèles et identité de marque / communautés et culture / éco-thinking / innovation, tech et expérience. Une attention particulière a également été portée sur le bien-être sur le lieu de travail, ainsi que la santé mentale de nos collaborateurs ; qui a été décrétée grande cause nationale en 2026″ Jean Louis RODRIGUES, Président EuroSIMA.
« Cette 24ème édition de notre séminaire des acteurs de la filière Action Sports en Europe a été une énorme réussite ! Cela signifie énormément pour toute l’équipe d’organisation de l’EuroSIMA : un engagement des membres, partenaires privés, publics, médias en faveur d’une filière dynamique et en constante évolution. Mais aussi, une véritable volonté de se réunir autour de projets communs, de thématiques importantes, parfois clivantes, pour notre secteur d’activité Glisse, dans un contexte économique et politique incertain. Nous avons prouvé que nous étions déterminés à avancer, à tracer un chemin ensemble pour le développement d’une filière prépondérante pour notre territoire malgré les incertitudes conjoncturelles ». Christophe SEILLER, Directeur exécutif EuroSIMA.

JOUR 1 — OUVRIR LE JEU, CLARIFIER LES ENJEUX
Jérémy Florès a lancé le Summit en conversation avec Nicolas Dazet et Dave Mailman. Le champion, double vainqueur à Pipeline, a livré un témoignage sans filtre : ses années de performance n’ont pas toujours rimé avec bonheur, une tension qu’il raconte dans Dos au mur. ». Il confie même combien parler, échanger, « oser dire les choses » a été libérateur. Retraité mais “plus occupé que jamais”, il est aujourd’hui entraîneur de l’Équipe de France, et a contribué aux succès des Bleus aux Jeux de Paris 2024, confirmant la France comme une nation majeure du surf mondial. Son approche du coaching repose moins sur la technique que sur la psychologie : « Je me fie à l’instinct de l’athlète, j’essaie de comprendre son état d’esprit, son fonctionnement, pour lui donner un maximum de confiance. » Avec le projet Héritage, il veut accompagner dès aujourd’hui la jeune génération et préparer les futurs espoirs pour Los Angeles et Brisbane. « Quand on oublie l’histoire, on ne va nulle part », résume-t-il, convaincu que la transmission est la clé de l’avenir du surf français.

« Le Surf Summit ne serait pas le Surf Summit sans une légende de l’océan. Entendre Jérémy Florès parler aussi ouvertement de la tension entre performance de haut niveau et quête de paix intérieure et de bonheur personnel a été à la fois éclairant et émouvant. Inspirant également : la joie et l’épanouissement qu’il trouve aujourd’hui en accompagnant la nouvelle génération vers des titres olympiques et des carrières durables, sur le long terme… » Cira Riedel, Founder at greenroomvoice.com
Changement de discipline avec Skateboard Culture présenté par Morgan Bouvant (ICON Entertainment) et Benoît Berger (Bureau Berger). Véritable “bible” de près de 600 pages, l’ouvrage embrasse l’histoire mondiale du skate et son influence sur l’art, la musique, la mode et les marques, mêlant archives, moodboards et entretiens (Tony Hawk & co). Au-delà de l’objet, c’est un outil stratégique pour nourrir un récit, une identité et un imaginaire de marque — prolongeant livres, expositions et maintenant un documentaire en production.

Le regard croisé Paris 2024 de Christophe Lepetit (CDES) et Frédéric Tain (sport-guide.com) a rappelé l’ampleur des Jeux (4 M de visiteurs, 12,1 M de billets vendus, 7,1 Mds € d’impact total) et un paradoxe : l’euphorie n’entraîne pas automatiquement la consommation “sport & loisirs”, alors que le budget de l’État recule. L’héritage se joue dans le temps long et par territoires ; l’avenir passe par la structuration, l’innovation commerciale (IA, social commerce, local-to-local) et la perspective des JO d’hiver 2030.
Avec Yorgo Tloupas (Yorgo&Co), place au design comme moteur de culture. Sa grammaire du logo — monochrome, flat, géométrique, lisible en petit, constructible, polysémique — n’est pas uniquement esthétique, elle est structurelle. L’exemple blackcrows illustre comment une esthétique claire devient un langage vivant, du produit à l’événementiel, et transforme une marque en culture.

Enfin, Olivier Desbiey (Head of Foresight, AXA) a rappelé ce qu’est la prospective : non pas prédire, mais préparer et transformer l’incertitude en opportunité. Des exemples concrets — canicules sur marathons, incendies sur les randos, stress hydrique pour le VTT — montrent que le sport est un laboratoire des crises climatiques. La table ronde Impact 360 (Aude Penouty, Justine Birot, Émilie Le Gall, Ainhoa Leiceaga) a prolongé le sujet : 80 % de l’empreinte des pratiques vient des déplacements amateurs ; les athlètes ont un rôle d’entraînement ; la comm’ doit éviter greenwashing/greenhushing et s’appuyer sur des preuves. « Être durable, c’est apprendre à anticiper. »

JOUR 2 — CULTURE D’ÉQUIPE, OVERVIEW BUSINESS
La matinée a démarré à hauteur d’humain avec l’atelier de Laurence Descamps (Ipesland), en format interactif, où le public a échangé avec Pauline Ado, Julie Sonier et Vincent Lartizien. Tous trois ont livré des clés pour transformer les pensées négatives et renforcer la résilience mentale. Pauline a souligné l’apport du suivi psychologique pour gérer peur et pression. Julie a détaillé les dispositifs chez Volcom (sport, flexibilité, Moka Care). Vincent a rappelé que « L’impact qu’on veut avoir sur les autres commence par soi ».

Analyste culturel et podcasteur reconnu (Vlan!), Grégory Pouy a livré une intervention lucide sur l’intelligence artificielle. Face aux fantasmes de disparition massive d’emplois et aux promesses exagérées, il a invité à adopter une approche pragmatique : certaines tâches seront automatisées, mais l’IA ne remplacera jamais la créativité, la culture et la profondeur humaine. « Utilisez-vous l’IA pour apprendre ou pour éviter d’apprendre ? », a-t-il interpellé, rappelant que cet outil peut accroître la productivité, mais que l’enjeu est l’usage qu’on fait du temps libéré. Citant le paradoxe de Solow, il a souligné que la technologie seule ne garantit pas de gains de productivité. Pour lui, l’essentiel est de développer un leadership conscient et de préserver les valeurs humaines : esprit critique, imagination, compassion.
Moment fort du Surf Summit 2025, la table ronde consacrée au marché français a réuni Jean-Christophe Chetail (Oxbow), Philippe Cazeaux (Rip Curl), Cyril Arnaud (Tamarindo Surf Shop) et Jean Louis Rodrigues (EuroSIMA), sous la modération de Frédéric Tain. Ensemble, ils ont dressé un état des lieux lucide d’un marché fragilisé après le boom post-Covid : inflation, rationalisation et baisse du nombre de shops indépendants redessinent le paysage, au profit des multimarques et des flagships.

Cyril Arnaud a rappelé le rôle central des détaillants : « Le surf shop est le dernier maillon de la chaîne pour faire exister l’histoire des marques. » Pour lui, la formation des vendeurs et la relation de confiance avec les représentants restent la clé de la crédibilité et de la fidélisation. Jean-Christophe Chetail a souligné qu’une marque perd son image dès lors qu’elle se coupe des magasins spécialisés, citant l’exemple d’Oxbow. Philippe Cazeaux a insisté sur l’adaptation nécessaire des marges et des modèles de distribution pour accompagner au mieux les shops. Enfin, Jean-Louis Rodrigues a replacé ces constats dans une perspective historique : dans les années 90, l’industrie a déjà traversé des phases de rationalisation et de professionnalisation, preuve que la résilience du marché repose sur sa capacité à évoluer sans perdre son identité core. Tous s’accordent sur l’avenir : miser sur l’authenticité, l’hyperspécialisation et une coopération renforcée entre marques et retailers pour construire un modèle durable.
Le vendredi après-midi s’est ouvert par la remise du prix de l’Appel à Projets Innovation, décerné à Newave. Fondée par Ewen Mahévas et Hadrien Nauroy, la start-up réinvente la planche de surf avec un modèle démontable et modulaire : neuf configurations possibles à partir de sept pièces, transportable dans un sac à dos. Brevetée et déjà testée, cette innovation allie praticité et durabilité. L’un des fondateurs, Ewen, s’est vu remettre un trophée éco-conçu par le studio bordelais Félix & Associés, avant de bénéficier d’un accompagnement EuroSIMA pour accélérer leur développement.

En quinze minutes, Jean-Charles Marchionni a livré l’essentiel : ISPO Munich 2025 (30 nov.–2 déc.) demeure le grand rendez-vous pour capter les tendances et activer son réseau (≈2 300 exposants, 55 000 participants, 114 pays). Côté pratique : Retail Conference, Retail Lounge/Club, focus export sales et matchmaking pour des rendez-vous qualifiés. Message clé : des passerelles simples entre détaillants, marques et décideurs, pour gagner du temps et ouvrir des opportunités.
Fondateur d’Above The Clouds, Fredrik Ekström propose du concret : arrêter de deviner et s’appuyer sur les faits. À partir de The Future Series (3 800 répondants Nordics/Allemagne), son équipe répond à trois questions : ce que les gens veulent, ce qu’ils font vraiment, ce qui les aide à agir. Il pointe le « paradoxe de la durabilité » : forte adhésion, faible passage à l’acte. Solution : segmenter en profils simples (convaincus vs. sympathisants à activer) et adapter preuves, messages et parcours sans friction. Un outil décision vérifie l’alignement entre preuves, résultats business et story. Ligne directrice : « on ne peut pas vendre l’outdoor sans le défendre. »
« Bravo à toute l’équipe EUROSIMA de proposer un contenu si pertinent lors des Surf-Summits organisés chaque année au mois de Septembre. Cette année mention particulière pour Fredrik Ekström qui par l’intermédiaire d’une approche structurée et académique nous démontre comment les stratégies de marque doivent prendre en main les sujets RSE pourtant bien moins à la mode qu’il y a deux ans. » Jean Baptiste Coffin, Managing Director at PYRENEANCE.
Pour clôturer l’édition 2025, Nicolas Dazet a réuni deux références de la production “made in France” : Laurent Pujol et Michael Darrigade. Ancien surfeur pro devenu une référence mondiale des shoots en aqua, Laurent a retracé son parcours et détaillé sa technique du follow-cam : Laurent surf et shoot derrière le rider, dans le barrel. Michael, alias “Boula”, chef op’ et réalisateur, a raconté un chemin plus hasardeux, né d’une première caméra trouvée par hasard, puis affûté partout où il faut tenir le cadre : de Nazaré au front ukrainien. Le duo est revenu sur ses points de rencontre avec Julie et Vincent Kardasik, qui ont fédéré les talents français autour des différentes saisons de 100 Foot Wave et mené jusqu’aux Emmy Awards.

DES INNOVATIONS ET DES MOMENTS DE PARTAGE
Au-delà des scènes et des slides, l’expérience EuroSIMA s’est jouée dans les entre-deux : déjeuners où l’on débriefe, couloirs où la carte de visite devient rendez-vous, pauses où l’on teste un prototype, et la soirée officielle aux 70 Hectares & l’Océan où la convivialité fait œuvre de stratégie. Le Surfing Lounge a mis en avant innovations utiles, approches circulaires et services concrets. Moins de buzzwords, plus de démonstrations et d’échanges directs : c’est là que naissent les collaborations qui tiennent.
EN SAVOIR PLUS SUR LE SURFING LOUNGE 2025
« L’EuroSIMA Surf Summit est un évènement incontournable & indispensable, pour celles et ceux qui veulent prendre de la hauteur pour mieux engager leurs activités au quotidien, avec des intervenants de très haut niveau dans des domaines aussi variés que le marketing, les ressources humaines, l’activité économique, l’IA, la gestion sportive, la santé mentale… » Frédéric Tain, journaliste et directeur de Sport-guide.com
À L’ANNÉE PROCHAINE !
Merci à nos partenaires qui rendent l’aventure possible, à nos prestataires pour leur implication, à nos speakers pour la qualité et la sincérité de leurs interventions, à nos bénévoles pour leur énergie, aux membres du board EuroSIMA pour le cap, et à toute l’équipe EuroSIMA pour l’organisation aux petits oignons. Et surtout, merci à toutes les participantes et tous les participants : c’est votre présence, vos échanges et votre curiosité qui font vibrer chaque édition. On repart gonflés à bloc, avec des idées plein les carnets et l’envie de continuer à « Keep Riding the Change ». Rendez-vous en 2026 : même esprit, nouvelles vagues, toujours l’envie de faire mieux ensemble.
