FORUM DES MÉTIERS DU SPORT ET DE LA GLISSE 2026 : LE DÉBRIEF !
Mercredi 25 mars 2026 – Salles du Trinquet, Soorts-Hossegor – ©Guillaume Arrieta/EuroSIMA
FORUM DES MÉTIERS DU SPORT ET DE LA GLISSE 2026 : UNE FILIÈRE QUI RECRUTE, SE TRANSFORME ET INSPIRE
Ce mercredi 25 mars, France Travail, EuroSIMA et UESC Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec la Ville de Soorts-Hossegor, la Communauté de Communes MACS et Wave Radio, ont organisé une nouvelle édition du Forum des Métiers du Sport et de la Glisse.
Avec environ 300 participants, 19 stands d’entreprises, centres de formation et organismes, et une table ronde réunissant plusieurs professionnels aux parcours inspirants, l’événement a une nouvelle fois confirmé son rôle de rendez-vous unique de l’emploi dans la filière.
En ouverture de cette édition 2026, Jean Louis Rodrigues, Président d’EuroSIMA, a rappelé la vocation profonde de cet événement :
« Chaque année, on organise ce temps fort autour de l’emploi, qui est un rendez-vous unique dans la filière. »
Il a également souligné les résultats très concrets de la précédente édition, avec 80 contrats signés l’an dernier, entre CDI, CDD et emplois saisonniers. Une preuve supplémentaire que ce forum est bien plus qu’un événement de mise en relation : c’est une véritable passerelle entre les talents et les entreprises.

DES PARCOURS INSPIRANTS AU CŒUR DE LA TABLE RONDE
Animée par Élise Laven (Wave Radio), la table-ronde a donné la parole à quatre professionnels qui ont partagé leurs expériences, leurs parcours et quelques conseils.
En introduction de la table ronde, Christophe Seiller, Directeur exécutif d’EuroSIMA, a rappelé la richesse et la diversité de l’écosystème local :
« On a des entreprises de typologies très variées sur le territoire : des grands groupes, des start-up, des associations, des sociétés de distribution… Le but de cette table ronde est de mettre en avant les parcours de quatre référents de cette filière. »

À travers les témoignages de Julie Kardasik, Raphaël Delfour, Ingrid Cazottes et Alexandre Berthonneau, un message fort s’est dégagé : il n’existe pas un seul chemin pour évoluer dans la filière sport & glisse.
JULIE KARDASIK : RACONTER LE SURF AUTREMENT
Julie Kardasik, co-fondatrice de la société de production audiovisuelle LK RTEL, a partagé un parcours particulièrement singulier. Créée il y a 18 ans, LK RTEL s’est imposée dans l’univers du surf grâce à une approche cinématographique assumée.
Pourtant, rien ne la prédestinait à cette voie. Après des études de lettres modernes, elle se dirige vers l’enseignement et devient professeur de français et d’histoire-géographie pendant quatre ans. C’est en travaillant sur un premier documentaire qu’elle a le déclic.
Son goût pour l’écriture, l’humain, les récits et la narration l’a progressivement menée vers l’audiovisuel. Elle s’est formée seule, à travers les lectures, les conférences, l’apprentissage continu et le travail mené avec son associé, issu de l’audiovisuel. Sa culture littéraire et cinéphile nourrit aujourd’hui son travail de pré-production et d’écriture des scénarios.
Elle l’a rappelé avec franchise : elle n’a jamais surfé. Longtemps, elle en a presque eu honte. Mais elle entretient un lien fort avec l’océan et cela ne l’a jamais empêchée de développer un regard légitime sur cet univers.
Julie Kardasik a aussi évoqué son évolution dans un milieu encore très masculin, sans que cela n’ait jamais constitué un frein. Elle estime être arrivée à un moment où le surf féminin se démocratisait davantage et où les marques étaient plus ouvertes.
Avec LK RTEL, ils ont nourri une ambition simple mais forte : mettre du cinéma dans les productions surf de l’époque. Ils ont notamment longtemps travaillé avec Quiksilver, dans un contexte de grande liberté créative :
« On a eu les mains libres, un budget conséquent, des athlètes géniaux comme Kelly, et on nous a laissé une liberté créative totale. Aujourd’hui les moyens sont plus limités. »
Elle a également insisté sur la volonté de faire sortir le surf de son carcan et de l’image qui freine :
« Plus un sport devient mainstream, mieux c’est pour le sport, malgré les dérives et un esprit core qui se dilue. »
Son conseil : se former, faire des stages, multiplier les expériences, créer du réseau et surtout ne pas se laisser enfermer dans des cases. Même sans grande école, il est possible de tracer son chemin.
RAPHAËL DELFOUR : TRANSFORMER LE RÊVE EN VENTE
Raphaël Delfour, European Trade Marketing Manager chez Rip Curl Europe, a présenté un métier à la croisée du marketing et du commercial. Pour lui, le trade marketing consiste à “vendre mieux avec des outils” et à transformer le rêve en vente.
Ancien snowboardeur professionnel, il a suivi un Master 2 en sciences économiques du sport et du tourisme à Grenoble, avec un statut de sportif de haut niveau.
Après une première expérience en freelance comme Team Manager Rip Curl ski & snow, toujours sur la route avec le team à tourner des films, il rejoint définitivement Rip Curl en 2011 dans les Landes. De là, il gravit progressivement les échelons, jusqu’à toucher aujourd’hui à de nombreux sujets. Chez Rip Curl, on l’a longtemps surnommé “Monsieur montagne”.
Raphaël a insisté sur l’importance du terrain dans son apprentissage, bien plus que la seule formation universitaire.
Raphaël a aussi partagé sa vision du recrutement : il aime les profils ayant du vécu, qu’il s’agisse de sport, de voyages, de reconversions ou d’expériences atypiques.
Sur la question RSE, il a souligné que Rip Curl est B-Corp depuis longtemps et dispose d’une manager dédiée à ces enjeux. À son niveau, il essaie de privilégier des partenaires locaux pour la PLV, évite les dispositifs à usage unique et raisonne davantage en termes de durabilité.
INGRID CAZOTTES : DÉVELOPPER DES MARQUES, RACONTER DES UNIVERS
Ingrid Cazottes, Brand Manager chez French Albion pour les marques SAXX Underwear et Business & Pleasure, a apporté un éclairage très concret sur le développement de marques internationales sur le marché européen.
Elle est issue de la promotion CNPC, a réalisé son alternance chez Quiksilver, puis a occupé un poste de commerciale chez Roxy, une expérience qu’elle considère comme très structurante, notamment grâce à la dimension terrain et route. Elle a ensuite fait un détour par l’immobilier avant de revenir dans l’univers des sports de glisse via French Albion.
Aujourd’hui, la société compte 12 collaborateurs et 3 alternants, avec une volonté affirmée de continuer à accueillir de nouveaux alternants.
Elle a expliqué que leur rôle consistait à accompagner des marques nord-américaines sur le marché européen, en adaptant les stratégies marketing américaine aux réalités du marché français. French Albion travaille avec des univers très variés : architectes, pharmacies, hôtels, running… Un environnement diversifié et passionnant. Sauf exception, comme Sun Bum, où l’équipe gère directement le marketing pour la France.
Pour elle, ce qui compte dans le développement d’une marque, c’est aussi ce qu’elle a à raconter.
Elle a également reconnu que l’intelligence artificielle pouvait faire gagner du temps sur certaines tâches, mais elle a rappelé une idée forte qui a marqué la table ronde :
« Il faut savoir se rendre indispensable, irremplaçable. »
ALEXANDRE BERTHONNEAU : LA PASSION PRODUIT COMME FIL CONDUCTEUR
Alexandre Berthonneau, Head of Merchandising Billabong Men, travaille chez Billabong Europe depuis 15 ans. Son poste touche aujourd’hui au merchandising au sens large, avec une forte dimension stratégique et une vraie proximité avec les logiques de chef de produit.
Après un DUT techniques de commercialisation, il décide de faire une année de césure en Californie. Là-bas, entre Los Angeles et San Diego, il dépose des CV dans les marques de ses rêves et décroche trois opportunités, notamment chez Volcom et Nixon, en tant qu’assistant marketing.
Il l’a dit simplement : il a vécu son rêve d’enfant.
De retour en France, il passe par un stage chez Salomon, puis par un premier poste dans un magasin de location de ski. Au terme de cette saison, il rejoint Capbreton, travaille comme vendeur dans un shop Billabong, puis continue à envoyer de nombreuses candidatures dans la région. C’est finalement un contact gardé de Californie qui le met en relation avec Hoff Distribution, où il développe pendant quatre ans des produits propres pour les marques du groupe.
Il revient ensuite chez Billabong, où il évolue progressivement jusqu’à son poste actuel.
Côté recrutement, il privilégie des profils compétents, avec de l’expérience et une vraie sensibilité produit, plus que des profils uniquement portés par le réseau.
Sur la RSE, Alexandre a souligné que l’éco-conception est aujourd’hui un point important dans la réflexion produit chez Billabong.
Concernant l’IA, il reconnaît son utilité sur certains sujets, notamment en design, tout en mettant en garde :
« Attention, si on utilise trop l’IA, on ne développe pas ses propres skills, son propre savoir-faire. »
IA, RSE, CULTURE GLISSE : LES ENJEUX QUI TRAVERSENT LA FILIÈRE
Au fil de la table ronde, plusieurs grands enjeux de fond ont traversé les échanges :
L’intelligence artificielle
Ce qui ressort globalement, c’est que l’IA est une révolution, mais qu’elle doit rester un outil. Elle peut faire gagner du temps, aider à collecter des informations, préparer des présentations ou rédiger certains contenus. Mais tous s’accordent sur un point : elle ne doit pas remplacer l’humain ni conduire à une perte de savoir-faire. L’idée forte qui s’est dégagée : savoir utiliser ces outils sans perdre ce qui nous rend singulier.
La RSE
Les échanges ont aussi montré que les enjeux environnementaux sont désormais intégrés. Même lorsque certaines activités, comme la production audiovisuelle, restent difficiles à concilier avec des objectifs RSE élevés, la question est bien présente et fait désormais partie du quotidien des entreprises.
La culture glisse
Enfin, un point revient avec force : au-delà des compétences techniques, les entreprises recherchent des personnes capables de comprendre les produits, les marchés, les usages, mais aussi les codes culturels de la glisse. Authenticité, accessibilité, vision, curiosité, compréhension du terrain : autant d’éléments qui nourrissent aujourd’hui les recrutements.

19 STANDS POUR RECRUTER, ÉCHANGER ET ORIENTER
L’après-midi s’est poursuivie avec le job dating, moment fort du forum. Les échanges ont été nombreux et directs entre les exposants et les visiteurs : jeunes en orientation, étudiant·e·s, personnes en reconversion, candidat·e·s à la recherche d’un stage, d’une alternance, d’un emploi saisonnier ou d’un premier poste.
Cette édition 2026 a réuni 19 stands : RIP CURL / KMD Brands, OXBOW, ONETURN / VOLCOM, BOARDRIDERS, MC BOX EVENTS, MELLOW SEA, ALLTROC, NIXON EUROPE, COOL Shoe Corp, 360° SURF, ZANZIBAR PRODUCTION, PYRENEX, ASPOM, PARLEMENTIA, FRENCH ALBION, CAMPUS LANDES, EKLORE-ED, SPORT PROJECT, SYNDICAT MIXTE DE GESTION DES BAIGNADES LANDAISES

Le Forum des Métiers du Sport et de la Glisse 2026 a une nouvelle fois montré la vitalité de la filière. Oui, la glisse recrute. Oui, les entreprises cherchent des profils. Mais au-delà des postes, ce qui s’est exprimé tout au long de la journée, c’est aussi une envie de transmettre une culture, des exigences, une manière de travailler.
Rendez-vous en 2027 pour une nouvelle édition ! D’ici là, retrouvez les opportunités de la filière sur : eurosima.com/emplois

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