RISE. TURN. SUSTAIN. with EuroSIMA : Réglementations européennes et CSRD
RÉGLEMENTATIONS EUROPÉENNES ET CSRD : 2025 COMPRENDRE ET S’ADAPTER DANS LE SECTEUR DE LA GLISSE
En 2025, les premiers rapports de durabilité seront publiés par les grandes entreprises cotées et les institutions financières. Cette nouvelle réglementation étend les obligations de reporting extra-financier à un plus grand nombre d’entreprises, y compris les structures de taille intermédiaire à partir de janvier 2025.
Le 20 janvier 2025, lors de son interview sur France Inter, Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne a déclaré que les questions sur le reporting des entreprises allaient être révisées et annoncées au public le 26 février 2025 à Bruxelles.
« On va changer énormément de choses dans la bureaucratie », a ainsi expliqué Stéphane Séjourné. « On garde les objectifs climat notamment, mais on change le parcours des entreprises pour y arriver ».
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A l’occasion de l’EuroSIMA Surf Summit 2024 une table ronde sur la thématique CSRD menée par Stéphane Popescu de chez Cose 361 a réuni 3 experts : Amaury Salette cofondateur de Kiosk™, Pétronille Ricard directrice RSE des marques Célio™ Camaïeu™ et Aude Penouty, B leader et responsable RSE chez Eurosima. La table ronde a balayé les enjeux, risques et opportunités tout en récoltant le partage d’expérience des intervenants.

Les enjeux actuels de la CSRD
La directive CSRD constitue une actualité et un défi majeur pour les entreprises du secteur de la glisse et de sports outdoor. Elles sont toutes concernées directement ou impactées par l’éligibilité de leurs clients. Respecter ces nouvelles obligations implique de maîtriser rapidement un sujet complexe, nécessitant des compétences spécifiques en matière de reporting ESG (environnemental, social et de gouvernance).
Les entreprises doivent s’y préparer dès maintenant, car les premiers rapports portant sur l’exercice 2024, seront exigés dès 2025. Cela implique de mettre en place des systèmes de collecte de données performants et de former les équipes aux nouvelles exigences réglementaires. Il faut compter entre 10 à 18 mois de travail selon la taille et la maturité de l’entreprise sur les sujets d’impacts et de double matérialité. Impliquer les parties prenantes, internes et externes, devient essentiel pour collecter des données fiables et garantir la transparence.
“Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel de favoriser une collaboration en mode « coopétition » : en unissant les efforts et en partageant les coûts, les entreprises pourront répondre plus efficacement aux exigences de la CSRD tout en minimisant les contraintes financières et organisationnelles.” Stéphane Popescu, cofondateur Cose 361
Nouvelle gouvernance : donner une direction, pas des ordres
Le leadership moderne nécessaire pour la réussite de ces changements repose sur le management rigoureux de la donnée. Une des clés est de passer d’une approche de donneur d’ordre, à donneur de direction pour orienter les organisations vers des valeurs fortes et durables. La CSRD invite ainsi les dirigeants à réorienter leur modèle de gouvernance, notamment au travers ESRS 1.
“La CSRD, plus qu’une obligation, est une feuille de route pour faire de la durabilité un axe central du projet d’entreprise.” Pétronille Ricard, directrice RSE Célio & Camaieu
De plus les doubles compétences seront une clé d’adaptation : Finance – RSE, affaire public- communication, RSE- Supply management. Ces duos permettront une adaptabilité nécessaire aux futures annonces de la commission européenne du 26 février 2025 à la fois sur la réforme Omnibus et la CSRD.
Objectifs et approche systémique de la CSRD
À date, la CSRD repose sur un principe fondamental : comprendre l’impact de l’entreprise sur la nature. Elle évalue l’empreinte carbone, la biodiversité, la pollution, la pollution des eaux etc dans une approche systémique. Certaines entreprises, comme celles certifiées B Corp™, ont déjà pris une avance considérable en intégrant ces critères dans leur fonctionnement. La directive CSRD oblige les entreprises à rendre des comptes sur l’impact causé et subi dans l’objectif de rediriger la valeur de l’entreprise et diminuer les impacts négatifs.
Impondérable de la CSRD, la matrice de double matérialité est le système d’évaluation des impacts. Cela signifie que les entreprises doivent évaluer les impacts à la fois financiers et non financiers de leur activité.
Une marque de vêtements de sport doit, par exemple, évaluer :
- Matérialité financière : Les impacts financiers de la hausse des coûts des matières premières durables, ou les risques liés à une réglementation environnementale plus stricte.
- Matérialité d’impact : L’empreinte environnementale de la production de ses vêtements (pollution, consommation d’eau) et l’impact social des conditions de travail dans ses chaînes d’approvisionnement.
Traçabilité des matières premières et réduction de l’empreinte carbone sont clés. Et l’innovation, la circularité et la formation sont des choix indispensables pour relever ces défis.

“La CSRD n’est pas une énième réglementation, c’est un nouveau standard. Affronter cette nouveauté ensemble, entre acteurs d’un même secteur, au sein d’EuroSIMA, est une opportunité à ne pas louper pour mutualiser les coûts de cette mise en conformité.” Amaury Salette, cofondateur de Kiosk™
Les PME et la CSRD
À date, la directive prévoit qu’à partir de 2026, une forme de reporting simplifié pour les PME sera obligatoire à publier à partir de 2027 ou 2028. Les rapports seront moins détaillés que pour les grandes entreprises. La pression de leurs partenaires et l’évolution du marché vers des pratiques durables feront qu’elles devront tout de même suivre cette tendance. S’y mettre dès maintenant est indispensable pour relever ce challenge déterminant pour leur avenir.
La CSRD offre aux PME une opportunité d’entrer dans une logique de durabilité tout en créant des défis en termes de transparence et de reporting dans les chaînes d’approvisionnement. Le portail RSE mis en place par le gouvernement français permet de faire une simulation simplifiée de sa situation d’entreprise.
Interopérabilité : Vers une Convergence des Normes
L’interopérabilité entre les systèmes d’évaluation est devenue un enjeu majeur. B Corp™ a été la première certification à participer à la convergence de ces normes. B Lab Europe, avec l’évaluation d’impact B, et les normes européennes de reporting de durabilité (ESRS) convergent vers des métriques communes pour évaluer l’impact des entreprises. Cette interopérabilité permet aux entreprises de se conformer à la CSRD tout en continuant
Les risques & opportunités pour le secteur de la glisse
De la diminution du temps de pratique en saison aux risques climatiques liés aux fournisseurs, les risques sont nombreux. De plus, les critères ESG commencent à servir de cadre pour évaluer les risques d’assurances de certaines zones côtières ou des accès à des financements. Heureusement, des possibilités d’accompagnement au financement de ces transformations existent. Les opportunités sont nombreuses et vont beaucoup passer par la montée en compétence des équipes, voir les doubles compétences de celles-ci.
Les législations et le sport de haut niveau
Le sport incarne par essence le courage de son ambition. Le sport de haut niveau, c’est à la fois la vision claire de son objectif, la force mentale et physique géré à moyen terme, ainsi que la discipline à long terme pour comprendre ses limites et orienter ses actions sur son terrain de jeu en mouvement.
La CSRD marque un tournant pour les industries du sport et de la mode en Europe. Si elle introduit des contraintes, elle offre également une occasion unique de transformer l’industrie vers une durabilité plus authentique et mesurable. Les entreprises qui intègrent rapidement ces nouvelles normes peuvent renforcer leur image de marque, attirer des investisseurs sensibles aux critères ESG, et conquérir un marché de consommateurs de plus en plus soucieux de l’impact environnemental de leurs achats. Les entreprises capables de travailler en réseau et de s’adapter rapidement en tireront un avantage compétitif considérable. Dans la difficulté, les atouts de l’état d’esprit du sport sont une force.
“La RSE n’est pas une ligne budgétaire, ni une case à cocher, et encore moins un plan de communication. Qu’elle soit revue ou pas, en 2025 par la Commission européenne, c’est une transformation profonde et transversale à engager petit à petit. Les entreprises qui s’en sortiront seront transmettre une vision et des solutions, pour les mettre en œuvre avec sens et rassurer les investisseurs.” Aude Penouty, Responsable RSE chez Eurosima
Revue de presse CSRD
- TIPS : les 8 étapes & indicateurs clés du sourcing pour la CSRD
- Retrouvez l’intégralité de l’annonce faite par Stéphane Séjourné le lundi 20 janvier 2025 sur France Inter.
- Commission européenne: all targets & reporting informations
- CSRD fiches pratiques publiées par le gouvernement français
