[RISE. TURN. SUSTAIN. WITH EUROSIMA & UESC] CIRCULARITÉ & INFORMATION CONSOMMATEUR : LES ESPACES DE VENTE ET L’AFFICHAGE ENVIRONNEMENTAL TEXTILE
Comment les marques et les distributeurs doivent-ils se préparer aux nouvelles exigences en matière d’information consommateur, d’affichage environnemental et d’économie circulaire ?
En 2026, l’économie circulaire et l’information au consommateur sont au cœur des actions.
D’un côté, le Conseil National du Commerce (CNC) a publié un rapport qui dresse un état des lieux opérationnel de la mise en œuvre par les commerces des lois AGEC (2020) et Climat & Résilience (2021). De l’autre, le rapport signale que l’affichage environnemental et la gestion des invendus sont les deux chantiers prioritaires à surveiller. Le 9 juin, l’ADEME a présenté une évolution de la méthode de calcul de l’affichage environnemental textile.
Nous avons résumé ces deux actualités pour une lecture des enjeux à venir dans les espaces de vente.
CE QUE DIT LE RAPPORT DU CNC
Le rapport du Conseil National du Commerce met en lumière plusieurs sujets qui concernent directement les entreprises du sport et du textile. Derrière les obligations réglementaires se dessine une tendance de fond : les espaces de vente deviennent progressivement des lieux d’information environnementale, de circularité et de traçabilité.
L’affichage environnemental : le chantier central
C’est aujourd’hui le principal sujet identifié pour la filière.
Le décret relatif aux modalités de calcul du coût environnemental des produits textiles d’habillement et l’arrêté définissant la signalétique associée ont été publiés au Journal officiel le 6 septembre 2025.
L’affichage reste volontaire pour l’instant. À ce jour, seul le textile d’habillement dispose d’un cadre réglementaire pour un affichage environnemental volontaire. Le futur affichage européen, via le Digital Product Passport (DPP), sera lui obligatoire.
Le rapport souligne toutefois la nécessité de construire une feuille de route coordonnée entre les autorités françaises et les instances européennes afin d’aligner progressivement la méthode française avec le cadre européen PEF (Product Environmental Footprint – PEFCR Apparel & Footwear).
Invendus : une échéance à anticiper
Autre sujet majeur : la gestion des invendus.
Rappel : l’interdiction des invendus entre en vigueur le 19 juillet 2026.
L’obligation de réemploi, réutilisation ou recyclage des invendus non alimentaires (article 35 de la loi AGEC) mobilise fortement les distributeurs, qui doivent éviter toute élimination par incinération ou enfouissement.
Le secteur habillement et sport fait face à une difficulté particulière : les invendus concernent souvent les tailles extrêmes. Cette situation impacte les volumes de production sur les tailles cœur de cible et leur distribution, tout en soulevant des enjeux d’inclusivité.
Par ailleurs, la filière de gestion des invendus, notamment via le don aux associations, doit encore se structurer. Les obligations déclaratives se sont également complexifiées, notamment autour de l’émission des reçus fiscaux.
Le rapport rappelle enfin qu’un alignement sera nécessaire avec le règlement européen 2024/1781/UE sur l’écoconception, qui prévoit également une interdiction de destruction des produits invendus.
Une multiplication des données à gérer
Le rapport pointe également les difficultés liées aux fiches QCE (caractéristiques environnementales).
Les distributeurs du secteur habillement, lorsqu’ils sont metteurs sur le marché, jugent que répondre correctement à cette obligation nécessite des investissements importants pour créer et maintenir les bases de données nécessaires. Un coût difficile à absorber pour les PME comme pour les grandes entreprises qui ne remplissent cette obligation que pour le marché français.
Pour accompagner les entreprises, une offre de gestion des données avec Glimpact est disponible dans le catalogue de services 2026.
Garantie légale de conformité et réparation
Le rapport met également en lumière certaines difficultés opérationnelles liées à la Garantie Légale de Conformité (GLC).
Certaines enseignes, dans l’impossibilité de différencier dans leurs systèmes les articles soumis à cette obligation des autres produits, ont choisi une mention systématique, ce qui peut parfois générer des situations complexes avec les consommateurs.
Enfin, les fonds réparation et réemploi continuent de se développer. Si plusieurs freins opérationnels restent à lever, ces dispositifs représentent une véritable opportunité pour les enseignes sport dont le modèle est naturellement compatible avec l’économie circulaire : réparation de vélos, chaussures ou équipements.
Pour notre filière, c’est l’éco-organisme ECOLOGIC qui accompagne ces démarches.
Le principal point de vigilance
Le rapport identifie un enjeu transversal majeur : l’alignement européen.
Le risque de devoir refaire un travail de mise en conformité une fois les règlements européens (PPWR, PEF ou écoconception) pleinement applicables est réel.
AFFICHAGE ENVIRONNEMENTAL TEXTILE : LA CONSULTATION ADEME EST OUVERTE JUSQU’AU 30 JUIN
Le 9 juin, l’ADEME a présenté une évolution importante de sa méthode de calcul de l’Affichage Environnemental Textile (AET).
Cette consultation porte sur un nouveau « Niveau 2 », facultatif mais potentiellement avantageux pour les entreprises capables de fournir des données plus précises sur leurs produits.
Voir le replay du webinaire du 9 juin
Ce qu’il faut retenir
Les articles textiles de sport font désormais leur entrée dans le périmètre de réflexion. Doudounes, écharpes ou autres articles textiles sport apparaissent dans la proposition de réforme, avec plusieurs questions encore ouvertes concernant leur modélisation spécifique.
Des modifications réglementaires sont également envisagées à trois niveaux : le décret, l’arrêté et la notice méthodologique.
Par ailleurs, plusieurs sujets restent en cours d’étude :
- La durabilité intrinsèque (tests physiques).
- La durabilité extrinsèque (largeur de gamme, prix).
- L’intégration future des packagings dans les calculs.
- Les modalités de prise en compte de la fin de vie des produits.
À noter : la fin de vie intégrera directement l’export hors Europe dans le calcul, sans coefficient correctif.
La consultation est ouverte jusqu’au 30 juin 2026 et les contributions de la filière peuvent encore faire évoluer la méthode finale.
Document de consultation à envoyer à affichage-environnemental@ademe.fr
Ce qui change concrètement
Le Niveau 2 permettra aux marques disposant de données détaillées d’obtenir un score plus précis que les moyennes par défaut.
Les entreprises pourront notamment intégrer :
- Le titrage du fil.
- Les procédés de teinture.
- Les taux de perte à la coupe.
- Le mix énergétique utilisé.
De nouvelles catégories entrent également dans le périmètre :
- Les accessoires.
- Le linge de maison.
- Les vêtements professionnels.
- Les articles de sport.

Pourquoi la filière sport doit se mobiliser
Les articles textiles sport (doudounes, maillots techniques, cuissards…) font désormais l’objet d’un chantier spécifique.
Sans contribution de la filière, ce sont les valeurs moyennes par défaut qui pourraient s’appliquer à ces produits, avec un risque de pénaliser des articles techniques dont les caractéristiques ne sont pas correctement représentées.
Les produits multi-composants peuvent déjà être travaillés dans l’onglet Objet d’Ecobalyse.
AET ET PEFCR : QUELLES DIFFÉRENCES ?
La méthode française (AET) diffère encore du référentiel européen PEFCR Apparel & Footwear sur plusieurs points structurants.
- Indicateurs d’impact
L’AET retient 14 indicateurs PEF (avec une pondération différente de l’écotoxicité) et intègre le relargage de microplastiques, là où le PEFCR en compte 16. - Base de données
L’AET s’appuie sur sa propre base de données, complétée de données relatives aux produits chimiques utilisés en ennoblissement. Le PEFCR s’appuie quant à lui sur la base EF 3.1. - Fin de vie
L’AET intègre les exportations hors Europe dans ses calculs, contrairement au scénario européen limité au territoire. - Durabilité
Le PEFCR inclut à la fois la durabilité intrinsèque et extrinsèque. L’AET ne retient aujourd’hui que la dimension extrinsèque, la partie intrinsèque étant encore en construction.
La mise à jour vers la méthode EF 4.0 est présentée comme une première étape d’harmonisation entre les deux approches.
CALENDRIER
- Consultation ouverte jusqu’au 30 juin 2026. (Document de consultation)
- Évolutions réglementaires possibles fin 2026, cadre potentiellement modifié S2 2027
