USC NA : Le débrief sur l’Éco Sport Day 2025
ECOSPORT DAY 2025 : UNE JOURNÉE D’ÉCHANGES AU SERVICE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE DU SPORT
Le 17 mars 2025, l’Union Sport & Cycle organisait au siège de la Fédération Française de Football, à Paris, une nouvelle édition de l’EcoSport Day. Une centaine de professionnels de la filière sport et cycle ont répondu présent pour cette journée dédiée aux enjeux de durabilité, aux innovations, aux nouvelles obligations réglementaires et aux modèles économiques à réinventer.
Engagée aux côtés des entreprises régionales à travers USC Nouvelle-Aquitaine, EuroSIMA y était et revient sur les temps forts de l’EcoSport Day les annonces pour la filière Action Sports.
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GREENWASHING* & COMMUNICATION RESPONSABLE
La matinée a débuté avec un sujet aussi sensible que central : comment promouvoir les qualités écologiques de ses produits sans tomber dans le greenwashing ? Brice Blancard (USC) a animé la séquence, en compagnie d’intervenants venus croiser regard juridique, stratégique et opérationnel.
Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement, a rappelé la force désormais contraignante de certains outils réglementaires :
« Le guide d’information sur la communication de l’ADEME c’est plus qu’un guide conseil. Le guide d’information sert à obliger, et à indiquer comment ne pas utiliser telle ou telle formule de communication. Le guide sert de base pour de potentielles futures amendes. »
Il a également insisté sur le fait que le silence d’une entreprise pouvait lui être reproché, notamment lorsqu’elle adhère à un éco-organisme.
L’intervention de Rossignol a illustré ce propos : malgré un produit annoncé à 77 % recyclable, la marque a fait l’objet d’un contrôle de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), prouvant l’importance d’anticiper la preuve dans toute communication environnementale.
Pour Mathieu Jahnich, consultant-chercheur en communication environnementale, la vigilance doit commencer dès la phase d’approvisionnement :
« C’est aux marques de se renseigner et de récolter les preuves qui valident ou invalident un propos sur un composant et un matériel. »
Enfin, Clara Bermann, Responsable Affaires Publiques chez Decathlon, a partagé quelques principes structurants de leur approche de la communication responsable :
« Pas de communication sur les impacts secondaires. Attention au ton de voix. Accepter de faire des erreurs et d’apprendre. Penser global. »
*Greenwashing : écoblanchiment en français
CSRD : FAIRE DU REPORTING UN LEVIER DE TRANSFORMATION
Le deuxième temps fort de la journée était consacrée à la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), qui imposera dès 2025 de nouvelles obligations de transparence aux entreprises, même de taille intermédiaire. L’Union Sport & Cycle a souhaité clarifier les attentes, mais aussi partager des retours d’expérience de structures déjà engagées.
Fiona Cloarec, Sustainable Finance Director chez Michelin, a souligné le caractère stratégique de cette directive, bien au-delà de la conformité :
« Ne pas sous-estimer le sujet de l’appropriation du sujet par les collaborateurs, le sujet et pourquoi on fait tout ça. »
Elle a rappelé l’importance d’une collaboration étroite entre les directions financières, RSE, juridiques et opérationnelles, et appelé à construire des systèmes de données robustes dès à présent, pour éviter les ruptures de dialogue avec les publics.
Les retours de Bénédicte Desreux (Millet) et Denis Marinho (Ski Company) ont mis en avant la complexité de la collecte de données et la structuration de projets transverses entre directions RSE, financières et juridiques.

MODÈLES ÉCONOMIQUES : SORTIR DE LA LOGIQUE DE VOLUME
L’après-midi, animée par Virgile Caillet, délégué général de l’USC, a été consacrée aux nouvelles formes de création de valeur. À travers la réparation, l’usage partagé ou encore l’économie de la fonctionnalité, plusieurs entreprises testent des modèles alternatifs à celui de la vente classique de produits neufs.
Philippe Moati, économiste et président de l’Obsoco, a proposé une lecture globale des transitions en cours en proposant une première alternative « la réparation pour allonger durabilité physique qui crée une économie de la qualité. »
Gilles Bouquet, Directeur financier et RSE chez Intersport France, a témoigné de la transformation culturelle engagée au sein de l’entreprise. La RSE, selon lui, n’est plus un service à part, mais un levier qui irrigue la stratégie économique de l’ensemble des magasins. Il a également évoqué des expérimentations menées en lien avec les collectivités et les clubs locaux.
Du côté de Cyclable, Yahya Ayad a partagé l’importance de co-construire avec l’utilisateur. Dans leurs magasins, l’autonomie du client devient une nouvelle forme de service :
« La première source de demande de nos clients est d’apprendre à réparer leur vélo. On essaye de rendre autonome le client afin de désengorger nos services de réparation pour accepter des cas à plus forte valeur ajoutée. »
ECOSPORT AWARDS : LANCEMENT DE LA 4E EDITION
L’EcoSport Day a marqué le lancement officiel de la quatrième édition des EcoSport Awards, concours national piloté par l’Union Sport & Cycle et placé sous le haut patronage des ministères des Sports et de la Transition écologique.
Ce trophée vise à récompenser les entreprises du sport et de la mobilité active qui intègrent l’environnement et le développement durable dans leurs activités. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 16 mai 2025, et les lauréats seront annoncés lors du Congrès de l’USC, les 19 et 20 juin à Bordeaux.
Pierre Gogin, membre du jury des EcoSport Awards, revient sur les enjeux de cette initiative qui met à l’honneur les projets alliant sport et développement durable.
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USC NOUVELLE-AQUITAINE : UNE PASSERELLE RÉGIONALE ACTIVE
Si l’EcoSport Day a permis de poser les enjeux de durabilité à l’échelle nationale, il résonne tout particulièrement pour les entreprises de la filière glisse. Avec la création récente de l’USC Nouvelle-Aquitaine, ces sujets auront désormais des points d’entrée régionaux, concrets et proches du terrain, pour toute la filière sport.
Cet ancrage permettra de mieux relayer les informations clés, les appels à projets, les concours nationaux comme les EcoSport Awards, et d’accompagner plus efficacement les entreprises dans leur transition. L’équipe USC NA, en collaboration avec EuroSIMA, s’engage ainsi à faire le lien entre les grandes orientations sectorielles portées par l’USC, et la réalité quotidienne des marques, des industriels et des prestataires de la filière sport.
[Article rédigé par Zoë Zadouroff & l’équipe USC NA & EuroSIMA]


